Bruxelles (Belgique) – La présentation tant attendue du plan de la Commission européenne pour promouvoir le "made in Europe" dans l'industrie automobile et d'autres secteurs essentiels a été repoussée au 4 mars prochain, selon les annonces du cabinet du commissaire européen Stéphane Séjourné.
Prévue initialement cette semaine, la publication de ce plan a été retardée en raison de discussions internes animées au sein de la Commission européenne, ainsi que de débats parmi les États membres concernant ces initiatives inédites destinées à revitaliser le secteur industriel européen.
Ce report, le troisième depuis décembre, vise à résoudre les divergences qui existent autour du principe de "préférence européenne", qui imposerait à certaines entreprises, bénéficiant de financements publics, de produire localement.
« Nous espérons que cette prolongation des discussions permettra d'affiner notre proposition et de la renforcer », a commenté le cabinet de M. Séjourné, qui est également vice-président de la Commission responsable de la prospérité et de la stratégie industrielle.
La nécessité d'une action rapide fait écho aux affirmations de l'ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui, selon des sources, aurait encouragé l'exécutif européen à intensifier ses efforts pour soutenir les industries locales face à la concurrence accrue de la Chine et aux droits de douane imposés par les États-Unis.
Voitures électriques
Dans ce contexte, M. Séjourné élabore un projet de loi intitulé "Accélérateur industriel", visant à instaurer des mesures de préférence européenne dans des secteurs cruciaux, notamment l'industrie automobile et les technologies vertes, telles que les panneaux solaires et les batteries électriques.
La France défend ardemment cette initiative, particulièrement pour protéger sa filière de production de batteries pour véhicules électriques. Cependant, d'autres pays européens émettent des réserves au nom du libéralisme économique.
Les discussions qui se déroulent actuellement au sein de la Commission portent notamment sur l'opportunité d'inclure dans le "made in Europe" les fabrications en provenance de pays ayant signé des accords de libre-échange avec l'Union européenne. Ce point est en particulier soutenu par l'Allemagne, soucieuse de maintenir l'intégrité de ses chaînes d'approvisionnement et de ne pas rompre avec ses partenaires commerciaux.
Des membres de la Commission ont par ailleurs exprimé leurs inquiétudes quant à la possible augmentation des coûts de production pour les industriels européens, qui se retrouvent déjà sous pression à cause des tarifs bas de leurs concurrents, notamment chinois.
En réponse à ces préoccupations, l'entourage de Stéphane Séjourné a précisé que la mesure serait "triplement ciblée" : elle s'appliquera sur une frange limitée de composants critiques, dans quelques secteurs stratégiques, et uniquement lorsque des financements publics seront engagés.







