Le climat reste tendu en Iran alors que le chef de la police, Ahmad-Reza Radan, a émis un ultimatum aux jeunes manifestants. Lundi, il a déclaré qu'ils avaient au maximum trois jours pour se rendre aux autorités, promettant une clémence accrue pour ceux qui se présentent de leur propre gré.
Sur les ondes de la télévision d'État, Radan a précisé que les jeunes ayant été « involontairement » entraînés dans les émeutes étaient perçus comme des victimes trompées plutôt que comme des ennemis du régime. Cette déclaration témoigne de la situation complexe qui prévaut en Iran depuis le déclenchement de la contestation le 28 décembre, initialement provoquée par des commerçants mécontents des hausses de prix.
Les manifestations avaient gagné en ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement le gouvernement théocratique en place depuis 1979. Cependant, elles ont rapidement été confrontées à une répression violente. Selon des informations de l'agence Tasnim, environ 3 000 personnes auraient été arrêtées, tandis que les organisations de défense des droits de l'homme avancent un chiffre beaucoup plus élevé, atteignant près de 20 000 arrestations. Les conséquences de cette répression sont lourdes, avec des milliers de décès rapportés par des ONG telles que Amnesty International.
Les autorités iraniennes, qui qualifient ces mouvements de « sédition » orchestrée par des puissances étrangères comme les États-Unis et Israël, restreignent sans relâche la liberté d'expression. Asghar Jahangir, porte-parole de la justice, a averti que des procès rapides seront tenus et a souligné que certains comportements, qualifiés de « guerre contre Dieu », sont passibles de la peine de mort. Une menace qui soulève des inquiétudes majeures parmi les défenseurs des droits de l'homme et les observateurs internationaux.
Alors que la tension continue de monter, des experts en politique iranienne soulignent que cette vague de répression pourrait être doublement dangereuse : non seulement elle risque d'exacerber la frustration populaire, mais elle pourrait également alimenter davantage de manifestations, voire une lutte pour la démocratie. Des figures politiques et des manifestants continuent d'appeler à une réaction internationale face à cette crise, espérant que le monde ne fermera pas les yeux sur les violations des droits humains en Iran.







