Le 26 mars, une opération de grande envergure à la maison d'arrêt d'Osny, dans le Val-d'Oise, a débouché sur la saisie de 54 téléphones portables, de la drogue et d'une arme blanche. Cette intervention soulève d'importantes inquiétudes parmi les surveillants dans un établissement où la surpopulation carcérale frôle les 190 %.
Ce coup de filet a été mené dans deux des six bâtiments de la prison, mobilisant les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) ainsi que les agents de recherche opérationnelle spécialisée (EROS). Le bilan fait écho à l’ampleur du fléau des objets prohibés en détention. Au total, 57 cellules ont été fouillées, révélant 51 téléphones portables, devenus indispensables derrière les barreaux et au cœur d’un réseau de trafics clandestins. Ces appareils facilitent notamment des transactions économiques souterraines via des coupons PCS, monnaie d'échange entre détenus, comme l’a rapporté Le Parisien.
En outre, 217 grammes de résine de cannabis, 10 dispositifs IPTV donnant accès à des chaînes payantes, et une importante quantité de puffs – ces cigarettes électroniques populaires – ont également été saisis. Plus préoccupant encore, un couteau a été découvert dans l’une des cellules, mettant en lumière les risques liés à la sécurité au sein de l’établissement.
Les livraisons par drone dans le viseur
Cette opération s’inscrit dans le cadre des « fouilles XXL » instaurées en novembre 2025 par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, visant à lutter contre le trafic et l'entrée d'objets non autorisés en prison. Bien que cette initiative ait été saluée par certains surveillants, l’exaspération demeure face à l'afflux continu d'objets prohibés. Un représentant syndical de Force ouvrière a déclaré : « Nous faisons face à un problème bien plus grave que notre capacité à gérer. » Le taux de couverture des surveillants avoisine seulement les 90 %, compliquant leur tâche face à ces intrusions.
Le syndicat estime que la « livraison de colis par drone » est le cœur du problème. Ces approvisionnements nocturnes et ciblés, organisés depuis l'extérieur, permettent d'introduire des téléphones, stupéfiants et autres objets interdits au-dessus des murs de la prison. En conséquence, Force ouvrière appelle à l'instauration de moyens anti-drones plus efficaces, ainsi qu’à une stratégie nationale renforcée et à des renforts humains durables pour endiguer cette crise.







