La mère de l'adolescent, impliqué dans l'homicide de Matisse, a été jugée pour avoir agressé la victime alors qu'il était au sol.
« Rien ne justifie » un tel acte. Elle a été jugée pour avoir porté des gifles à Matisse, alors qu'il était gravement blessé. La mère du jeune homme reconnu coupable d'avoir poignardé Matisse, âgé de 15 ans, à Châteauroux (Indre) en avril 2024, a été condamnée à deux ans de prison, dont 14 mois avec sursis pour violences volontaires.
Le procès s'est tenu à huis clos, où la mère a été reconnue coupable d'« un ou deux coups portés à la tête » de Matisse, tenant compte de l'intentionnalité de l'acte. Le tribunal a souligné l'absence d'impact réel sur la vulnérabilité du jeune Matisse.
Des coups qui n’ont pas entraîné la mort
Arrivée masquée par un foulard et des lunettes de soleil, la mère était jugée pour « violences sur personne vulnérable sans ITT » car les coups infligés n’avaient pas aggravé l’état du jeune homme. Elle risquait jusqu’à trois ans derrière les barreaux.
Après un long procès de dix heures, durant lequel elle a nié les faits, elle a été reconnue coupable et condamnée à 24 mois de prison, dont 14 avec un sursis probatoire renforcé accompagné d'obligations de soins et d'interdiction de contact avec les victimes.
Le 27 avril 2024, suite à une battle de rap, son fils, âgé de 15 ans et d'origine afghane, était retourné chez lui pour se procurer un couteau. Il était revenu avec sa mère et avait blessé Matisse mortellement, un coup ayant atteint son cœur, entraînant son décès.
En mai dernier, l'adolescent a été reconnu coupable de meurtre et condamné à huit ans de prison ferme par le tribunal pour enfants de Châteauroux, avec une injonction de soins pendant quinze ans.
« Au dernier stade de l’ignoble »
David Marcat, procureur de la République à Châteauroux, qui avait requis une peine de trois ans, dont deux avec sursis, a qualifié les gestes de la mère de « complètement détachés de ce qui s'est passé auparavant, mais au dernier stade de l'ignoble ». Il a ajouté que « lorsque quelqu'un est en train de mourir, rien ne justifie de s'en prendre à un mineur en détresse ».
L'avocat des victimes, Me Brice Tayon, a exprimé un « soulagement » face à la décision, malgré les mensonges et des excuses jugées « utilitaires ». Pour la famille, obtenir une peine de prison ferme était essentiel.
Le procès, hautement sécurisé, s'est déroulé avec des restrictions d'accès en raison de menaces de violence. Des incidents précédents lors du procès de son fils, où la mère avait été visée par des insultes, avaient justifié ce déploiement de forces de l'ordre.
Les origines afghanes de l'accusé et de sa mère avaient également suscité des débats houleux, certains politiques de droite appelant à un renforcement des lois sur l'immigration.







