Le drame survenu à Crans Montana en Suisse le 1er janvier dernier a mis en lumière un phénomène psychologique encore mal compris : l'effet du témoin. Entre musique qui continue à jouer et passants qui filment l'incendie plutôt que d'intervenir, ce concept mérite une attention particulière.
L'effet du témoin décrit l'apathie observée dans un groupe face à une situation d'urgence. Les travaux des psychologues John M. Darley et Bibb Latané, réalisés à la fin des années 60 aux États-Unis, révèlent que lorsqu'une seule personne est présente, elle est souvent prête à fournir de l'aide. En revanche, dans un groupe, seulement six témoins sur dix osent intervenir. Une inquiétante tendance.
Quelles explications ?
Plusieurs facteurs psychologiques expliquent cette apathie. Parmi eux :
- La dilution de la responsabilité : plus il y a de témoins, moins chacun se sent personnellement responsable.
- La peur du jugement : intervenir pourrait entraîner des critiques si la situation n'est finalement pas une urgence.
- La croyance que l'inaction des autres signifie que la situation ne nécessite pas d'action immédiate.
Une part de réflexe
Au-delà de ces arguments sociaux, des recherches récentes utilisant la neuro-imagerie ont exploré les mécanismes neuronaux impliqués. Ces études suggèrent que l'inaction pourrait résulter d'un réflexe plutôt que d'une décision consciente. L'absence d'aide pourrait donc refléter un comportement réflexe, accentué par la taille du groupe.
Se former aux premiers secours
Cependant, cette situation n'est pas inéluctable. Une étude hollando-britannique de 2018 évoque la possibilité de transformer l'apathie en empathie par la formation aux premiers secours. Acquérir des compétences en secourisme pourrait être un moyen efficace d'encourager les gens à agir en cas d'urgence. Pour découvrir les formations disponibles, n'hésitez pas à consulter le site du ministère de l’Intérieur ici.







