C'est une audience qui promet d'être aussi captivante que tragique. Ce vendredi matin, une Orléanaise de 78 ans comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour recel d'œuvres précieuses issues de la renommée bibliothèque Jacques-Doucet. Ces œuvres auraient été subtilisées par sa fille, ancienne directrice-adjointe de l'établissement, qui a tragiquement mis fin à ses jours lors de la révélation des faits.
« Cette affaire ébranle le milieu littéraire parisien, mais elle est avant tout marquée par une profonde tristesse », confie Me Jérôme Wedrychowski, l'avocat de Marie-Christine. Le procès, déjà reporté à deux reprises, suscite l'intérêt à la fois des médias et du public.
Chagall, Cocteau, Messager : une vente aux enchères suspecte
La bibliothèque Jacques-Doucet, un véritable trésor de la littérature française niché place du Panthéon, est une institution de renom. Elle abrite plus de 140 000 manuscrits originaux et des milliers d'œuvres d'art, dont des pièces de maîtres comme Picasso et Miró. En 2010, un legs d'un collectionneur a enrichi ses collections, mais sa gestion a suscité des interrogations.
Des employés ont découvert, à l'été 2022, que des œuvres provenant de ce legs, telles qu'une eau-forte de Chagall et un portrait de Satie par Cocteau, avaient été vendues aux enchères. Le lien familial avec la bibliothèque a intensifié l'écho de l'affaire, d'autant plus que la vendeuse, Marie-Christine, est la mère de la directrice adjointe décédée.
La défense plaide pour l'innocence
Marie-Christine maintient qu'elle n'avait aucune idée de l'origine des œuvres qu'elle a mises en vente. Selon son avocat, « La charge de la preuve revient à l'accusation », et rien dans les éléments présentés ne prouve qu'elle savait que les œuvres étaient volées. L'absence d'une identification claire de ces œuvres comme provenant du legs Bélias soulève encore plus de questions.
De plus, le suicide de sa fille avant son audition par la police constitue une tragédie dans cette affaire, car Marie-Christine a découvert le corps de sa fille à leur domicile à Orléans. La Chancellerie des universités, gestionnaire de l'établissement, a déposé plainte et estime son préjudice à 12 000 €, le montant de la vente aux enchères. Bien que Marie-Christine ne pourra pas assister à l'audience pour des raisons de santé, elle a confié son pouvoir de représentation à son avocat.
Cette affaire inquiète bien des acteurs de la culture, et les prochains développements risquent de révéler des vérités aussi déconcertantes qu’émouvantes. Pour plus de détails, consultez l'analyse de cette affaire sur Le Monde.







