Deux employés d'une entreprise de sécurité privée russe, âgés de 34 et 40 ans, étaient à bord du Boracay, un pétrolier arraisonné au large de la Bretagne en septembre. Cette information, confirmée par des sources proches du dossier interviewées par l'AFP, projette une lumière nouvelle sur les activités du navire, soupçonné d'être partie intégrante d'une opération de contournement des sanctions occidentales contre la Russie.
Selon les informations, l'un des agents a un passé policier et a été associé à la société Wagner, un groupe paramilitaire d'une réputation controversée. Ils étaient contractés par Moran Security Group, fondée par des anciens agents des services de sécurité russes, accentuant ainsi les inquiétudes sur leur rôle à bord et la nature des missions qu'ils poursuivaient.
Mission de renseignement
Leur responsabilité principale, selon des sources dignes de foi, était de garantir la sécurité du navire et de s'assurer que le capitaine suive des ordres dictés par les intérêts de Moscou, mais aussi de recueillir des renseignements le long des côtes européennes.
Le Boracay est également soupçonné de lien avec des incidents récents de survols de drones mettant en danger le trafic aérien danois, cependant, aucune preuve tangible n'a encore été collectée dans ce volet d'enquête.
La présence des deux Russes a été confirmée par l'avocat du capitaine chinois, actuellement jugé par le tribunal correctionnel de Brest.
Un témoignage ambigu
« Deux citoyens russes étaient à bord du bateau, mais je considère qu'ils étaient là en tant que cargaison », a déclaré Me Henri de Richemont, avocat du capitaine, insistant sur le fait qu'ils n'étaient pas des marins. Ces déclarations suscitent des interrogations sur les responsabilités du capitaine et son implication dans les affaires de sécurité à bord.
Le capitaine, qui a été placé en garde à vue avant de quitter la France, est accusé d'avoir refusé d'obtempérer aux ordres des autorités. Ce scénario complexe met en lumière une nouvelle facette des opérations navales russes, souvent enveloppées de mystère et de tensions géopolitiques.
Enfin, la flotte fantôme reste un sujet d'inquiétude pour la communauté internationale, car elle est perçue comme un instrument de contournement des sanctions en vigueur, agissant au cœur même des tensions maritimes actuelles.







