Six hommes ont été accusés d'homicide volontaire, tandis qu'un septième est suspecté de complicité. Tous sont associés, d'une manière ou d'une autre, à la Jeune Garde, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon et dissous récemment.
Ces sept individus, âgés de 20 à 26 ans, dont deux sont assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, ont été mis en examen jeudi dernier à Lyon, faisant suite à l'enquête sur le décès tragique de Quentin Deranque, militant nationaliste. Une source proche des investigations a révélé que « la majorité d'entre eux sont connus comme membres ou sympathisants de la Jeune Garde antifasciste », groupe controversé qui a suscité l'attention des autorités.
Certains des suspects, désignés comme "fichés S", sont suivis par le renseignement intérieur pour leur potentiel dangereux pour la sécurité nationale. Le Parisien fait le point sur les profils de ces individus.
Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire
Agé de 25 ans, Jacques-Elie Favrot est un ancien étudiant en sciences politiques qui a été employé en tant qu'assistant parlementaire de Raphaël Arnault jusqu'à son récent licenciement. Une source policière a décrit ce jeune homme comme "violent" et classé comme potentiellement dangereux pour son engagement avec l'ultragauche radicalisée.
Au cours de ses études à l’Université Jean Monnet, Favrot militait au sein du syndicat OSE-CGT. Grégoire Granger, membre du Rassemblement national, se souvient de leurs "altercations exacerbées". Bien qu'il évitât de s'impliquer dans la violence physique, « il préférait orchestrer les événements depuis les coulisses », indique Granger.
Lors de sa garde à vue, Favrot a admis sa présence lors des violences mais a nié être l'auteur des coups ayant causé la mort de Deranque. Son avocat, Bertrand Sayn, a précisé qu'il est mis en examen pour « complicité par instigation d'homicide volontaire », ce qui implique qu'il aurait incité d'autres à agir.
D'autres collaborateurs politiques
Adrian Besseyre, 25 ans et étudiant en politique, a également été mis en examen pour homicide volontaire. Il faisait partie des équipes de Raphaël Arnault, mais a été interpellé en Haute-Loire, aux côtés de Robin C., un autre membre du cabinet du député. Ce dernier a été libéré après avoir été soupçonné de complicité, mais sera convoqué pour « recel de malfaiteur ».
En 2019, Robin avait exprimé des ambitions associatives visant à « responsabiliser les citoyens » et réformer le système.
Des étudiants et des employés
Le plus jeune, Paul L. à 20 ans, est mis en examen pour homicide sans antécédents judiciaires apparents, selon son avocate. Cependant, d'autres membres du groupe ont un passé judiciaire : l'un est impliqué pour violences et stupéfiants, un autre pour vol et port d'armes. D'après le procureur de Lyon, l'un des suspects, Alexis C., est actuellement sous contrôle judiciaire pour des violences aggravées liées à l'ethnie, ayant été impliqué dans des incidents où un adolescent juif a été ciblé.
Professionnellement, certains sont diplômés et parmi eux, un réserviste a travaillé pour une centrale d'achats dans l'industrie de la défense. Malgré leurs qualifications, des interrogations subsistent sur la trajectoire de ces suspects, entre engagements politiques et comportements de violence.







