À 58 ans, Martine Denis pensait avoir mis un terme à sa quête de stabilité professionnelle. Après avoir été licenciée un an plus tôt, cette résidente de Lannion avait déjà commencé à envisager sa retraite d’artisane couturière. « J’ai été licenciée à 57 ans, je n’y croyais plus », avoue-t-elle dans une interview accordée à Ouest-France. Cependant, quelques mois plus tard, elle a réussi à décrocher un CDI dans le secteur de l'agroalimentaire, près de Guingamp.
Une chance donnée aux compétences plutôt qu’au CV
Son intégration au sein de l'entreprise Daunat, située à Saint-Agathon, n'est pas le fruit du hasard. Cette réussite est le résultat d'un processus de recrutement par simulation, une méthode innovante mise en avant par France Travail. L'idée est simple : évaluer les aptitudes pratiques des candidats à travers des exercices concrets, sans se soucier de leur parcours académique ou professionnel.
Lors de cette journée de sélection qui s'est tenue en mai 2025, les candidats ont d'abord eu l'occasion de découvrir l'entreprise et les postes vacants, suivis de tests destinés à analyser leur dextérité, leur sérieux et leur capacité à travailler en équipe. Martine a frôlé l'échec en ne parvenant pas à atteindre la note minimum, mais son potentiel a été repéré. Un CDD lui a alors été proposé, suivi d'un second qui a abouti à la signature d'un CDI.
Pour Martine Denis, cette approche a radicalement changé la donne : elle a permis à son employeur de juger ses compétences réelles plutôt que de se focaliser sur son âge ou son parcours atypique. Dans un contexte où les personnes âgées peinent souvent à convaincre les recruteurs, cette méthode ouvre des perspectives prometteuses. Aujourd'hui, elle souhaite faire passer un message fort : passé 50 ans, il est encore possible de rebondir, à condition qu'on vous offre la chance de le faire.







