Le sentiment d'infériorité des Européens face aux géants américains des technologies n'est pas nouveau. Certes, ces derniers dominent le marché, mais l'Europe possède ses propres forces, en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle. En témoigne Mistral AI, une startup française qui bouscule les standards.
Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, Arthur Mensch souligne que l'idée selon laquelle l'Europe serait en retard est largement erronée. "Les talents et compétences sont nombreux sur le Vieux Continent. L'écosystème technologique est jeune, mais nous avons commencé à bâtir une alternative européenne crédible", déclare-t-il.
Mensch note également que "les flux commerciaux d'Europe vont souvent se réinvestir aux États-Unis ou en Chine, affaiblissant ainsi notre position. Cependant, cette dynamique peut changer". Il rappelle que l'Europe dispose de certains des meilleurs centres de formation en IA au monde, ce qui renforce son potentiel.
Un besoin urgent de planification industrielle
La Commission européenne a initié des efforts pour renforcer la souveraineté technologique, mais selon Mensch, cela reste insuffisant. Il affirme que des mesures favorables existent, comme le soutien à la recherche et les investissements dans des entreprises locales, mais que l'approche se doit d'être plus intégrée et réfléchie en termes de planification industrielle.
"Les dirigeants du secteur technologique ont besoin de stratégies claires pour garantir nos capacités de traitement de données et simplifier les procédures", insiste-t-il. Il met aussi en avant que la croissance rapide du marché est essentielle pour donner la chance aux entreprises européennes de prospérer.
Tout en soulignant l'importance de l'innovation, Mensch conclut que la création d'un marché unifié et le soutien public sont cruciaux pour faire s'épanouir les acteurs locaux de l'IA.







