BILLET. La mise en concurrence des chantiers navals de La Ciotat et de Marseille est un véritable contresens économique. Dans une période où la France s'engage dans une réindustrialisation de ses territoires, il est essentiel que l'on se concentre non pas sur une rivalité locale, mais sur notre capacité collective à pérenniser et à renforcer une filière maritime qui est stratégique.
À La Ciotat, le site des anciens chantiers navals a réussi à se réinventer en un centre de réparation haut de gamme. Depuis l'arrivée de MB92 en 2017, et avec une spécialisation accrue dans le secteur des superyachts, un écosystème s'est structuré, engendrant environ 1 500 emplois directs. De son côté, Marseille joue un rôle clé en tant que port industriel majeur, avec le Port de Marseille-Fos qui abrite à la fois logistique lourde, réparation navale et activités énergétiques.
Opposer ces deux réalités essentielles à notre économie maritime est une erreur de lecture. En effet, ces deux sites ne se cannibalisent pas ; elles se complètent. La Ciotat s'illustre dans le segment premium du refit international, tandis que Marseille assure une profondeur industrielle, une variété des flux et la continuité des compétences, rendant ainsi l'écosystème maritime français plus robuste. Comme l’indique un rapport du ministère de l'Économie, il est crucial de valoriser cette complémentarité pour soutenir le territoire. C’est à travers cette unité que nous pourrons réellement affronter les défis de demain.







