Déguster un menu complet conçu par un chef pour un prix dérisoire, cela semble impossible ? Pas pour un freegan. Ce mouvement, originaire de New York, lutte contre le gaspillage alimentaire. À Paris, le restaurant Freegan Pony s’approvisionne à Rungis en récupérant des invendus. Chaque semaine, des chefs talentueux élaborent un menu surprise.
Payer pour des courses ? Pourquoi faire ! Les freegans collectent des aliments destinés à être jetés et créent de délicieux plats. Ce terme, qui fusionne free pour gratuit et vegan pour végétalien, est né aux États-Unis il y a environ deux décennies. Côté finances, Aladdin, le fondateur du Freegan Pony, résume : "C’est zéro euro, sauf pour les condiments." Il souligne le triste constat que la France gaspille 7,1 millions de tonnes de nourriture annuellement. "Plutôt que d'écrire des chiffres, invitons les gens à vivre une expérience culinaire : une entrée, un plat et un dessert pour 6 euros, c’est mémorable !"
la vision d'Aladdin
Créer ce restaurant alternatif nécessitait une idée ingénieuse. Aladdin, 32 ans, freegan depuis cinq ans, en est un fervent défenseur. Lyonnais d'origine tunisienne, il a d'abord émergé dans la scène nocturne parisienne avec le Pony Club, une boîte de nuit clandestine. À travers le Freegan Pony, il veut éveiller les consciences sur le gaspillage alimentaire, inspiré par les souvenirs de sa mère qui fouillait les poubelles pour nourrir sa famille.
un engouement médiatique
Depuis son inauguration il y a un mois et demi, le Freegan Pony attire l'attention des médias tels que Le Monde et Grazia. Bien que l’établissement repose sur le travail acharné de bénévoles, il ne peut accueillir que 50 couverts par service. La salle, un squat de 500 m², est aménagée avec du mobilier offert par Emmaüs, offrant un cadre agréable et branché.
une tâche ardue
Le projet exige une incroyable énergie. Quatre fois par semaine, Aladdin se rend à Rungis dès l’aube pour récupérer des produits invendus. "Après quelques articles, notre légitimité a augmenté," se remémore-t-il. Chaque soir, grâce aux dons d'invendus, un chef concocte un menu selon les disponibilités. "Nos sessions de cuisine à 16 heures sont aussi une richesse éducative pour les bénévoles," plaisante Aladdin. Les dîners affichent souvent complet, avec un plat à 2 euros et un menu complet à 6 euros.
Le Freegan Pony a ouvert pour la première fois rue de Saintonge, mais après quelques jours, l'expulsion du lieu a mis fin à l’initiative. Aladdin se projette déjà dans l'avenir, souhaitant étendre son concept en foodtruck et dans des événements. Son rêve : installer des "Freego" dans les laveries, pour que chacun puisse partager ses excédents alimentaires.
Adresse : Freegan Pony, place Auguste Baron (sous le périphérique Nord), 75019 Paris. Ouvert du vendredi au lundi, de 19 heures à 1 heure du matin. Réservation nécessaire via Facebook.







