Le compostage permet de valoriser les déchets végétaux, qu'ils soient issus de nos cuisines, dont la gestion est devenue essentielle depuis le 1er janvier 2024, ou des tailles d'arbustes et de plantes du jardin. Bien que de nombreux végétaux puissent être compostés, certains doivent l’être avec modération. Les tailles de thuyas et de laurier palme, souvent décriées, méritent d'être examinées de plus près.
D'origine des haies : thuya et laurier palme
Le thuya (Thuja), un conifère résistant à feuillage persistant, a été largement utilisé pour créer des haies denses à bas coût dans les années 70 et 80. Bien qu'il offre une croissance rapide, il présente quelques inconvénients tels que le brunissement et la vulnérabilité aux parasites. Ces arbustes, lorsqu’ils vieillissent, nécessitent des tailles fréquentes, entraînant une grande quantité de déchets.
De même, le laurier palme ou laurier cerise (Prunus laurocerasus) a également été largement planté pour délimiter des propriétés, en raison de son feuillage dense et de sa résistance au froid. Nécessitant aussi des tailles régulières, il génère un volume de déchets similaire.
Les enjeux de la toxicité
Les thuyas contiennent des composés comme la thuyone, connus pour leur potentiel toxique en cas d’ingestion, et peuvent retarder la décomposition dans le compost. Cela dit, ils peuvent toujours être compostés si utilisés avec sagesse. D'un autre côté, le laurier palme, bien qu'il contienne des hétérosides cyanogénétiques, n’est pas dangereux tant qu’il n’est pas ingéré. Pour faciliter leur compostage, il est recommandé de broyer leurs feuilles, plus dures et résistantes à la décomposition.
Compostage et paillage : astuces pratiques
Les tailles de thuya et de laurier palme peuvent enrichir le compost en petites quantités. Elles sont d'excellents matériaux structurant, favorisant la circulation de l’air et l’absorption de l'humidité. Toutefois, il convient de ne pas en ajouter en trop grande quantité pour éviter de ralentir le processus de décomposition, surtout pour le thuya, qui se décompose lentement.
En alternative, le broyat de ces arbustes se prête très bien au paillage. Le broyeurs des jeunes pousses, gorgées de sève, facilite leur intégration dans le jardin et leur décomposition. Pour le laurier palme, un temps de décomposition de 6 mois est requis, tandis que le thuya nécessite le double. Un étalement fin de 3 à 5 cm est conseillé pour éviter la fermentation.
Le broyat de thuya en paillage
Bien qu'un usage fréquent du broyat de thuya puisse acidifier le sol, une gestion hétérogène évitera des effets indésirables. Utilisé judicieusement, il peut nourrir les sols, contrôler l'humidité et limiter les mauvaises herbes.
Le broyat de laurier palme : une solution efficace
Dès broyées, les feuilles de laurier se décomposent rapidement et peuvent être utilisées pour les cultures estivales, ainsi que pour les rosiers et divers arbustes. Ces paillis fermentent lentement, enrichissant le sol et favorisant les organismes bénéfiques.
En somme, le broyat de thuya et de laurier palme, par leurs propriétés nutritives, participe à l'amélioration du sol, tout en maintenant une biodiversité essentielle à votre jardin.







