Après 28 ans passés au sein du Ballet national de l'Opéra de Paris, Philippe, aujourd'hui âgé de 71 ans, se remémore son parcours unique. À l’âge de 45 ans, il a été mis à la retraite d’office, une caractéristique de son régime spécial. Comme nombre de ses collègues, il a choisi de devenir enseignant pour compléter ses revenus et partager sa passion pour la danse.
Une carrière marquée par l'excellence
Philippe a commencé sa carrière à seulement 10 ans, influencé par sa mère, chanteuse d'Opéra. Après avoir reçu un premier prix au Conservatoire supérieur de Paris, il fait son entrée dans le fameux Ballet de l'Opéra à 17 ans. Au cours de sa carrière, il a gravi les échelons pour atteindre le grade de Coryphée, un des cinq niveaux hiérarchiques au sein du ballet, dont le salaire est proportionnel au grade.
La competition est intense. “Nous sommes la seule troupe au monde à avoir un examen de contrôle annuel. Cela garantit que nous répondons aux normes artistiques de l’Opéra de Paris”, déclare-t-il. La pression est constante, pouvant mener à des rétrogradations sans baisse de salaire. “Il est difficile sur le plan physique et mental de se maintenir dans de telles conditions”, ajoute Philippe.
Un régime de retraite unique
Avec un salaire de 2 225 euros brut par mois en fin de carrière, il touche de nos jours une pension nette de 2 040 euros, réévaluée chaque année. L’âge de départ à la retraite varie selon les emplois à l’Opéra : 40 ans pour les danseurs, 57 ans pour les membres des chœurs. La pension se base sur les trois meilleures années de salaire, avec un taux maximal de 75 % en fonction des trimestres cotisés.
Le système de calcul de la durée d'assurance est également spécifique. Les jours cotisés sont convertis en trimestres chaque année, et des trimestres supplémentaires peuvent être accordés selon les jours restants. Pour atteindre le taux plein, il faut avoir tous les trimestres requis ou atteindre l'âge de 42 ans.
Une retraite active et enrichissante
Après sa retraite, Philippe a poursuivi sa passion en enseignant, bénéficiant ainsi du cumul emploi-retraite. Il a exercé au conservatoire de Stains pendant 21 ans, touchant un salaire brut de 2 200 euros. Maintenant retraité à près de 67 ans, il perçoit également une pension de 1 040,34 euros de la CNRACL, ainsi qu'une allocation complémentaire. En tout, il a une retraite totale d'environ 3 302 euros nets avant impôts.
“Après 49 ans d'activité, je considère que ce n'est pas volé”, conclut-il avec un sourire. Une vie de sacrifices et de succès qui soulève des questions sur le statut des danseurs à l'Opéra de Paris.







