Moineaux, mésanges, rouges-gorges... Ces précieux visiteurs animent nos jardins tout au long de l'année. Récemment, Marjorie Poitevin, représentante de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), a partagé ses réflexions suite au comptage national qui s'est tenu ce week-end. Ce moment clé pour la biodiversité nous rappelle l'importance de protéger nos amis à plumes.
Le comptage national : un outil précieux pour évaluer nos jardins
Marjorie Poitevin explique que l'objectif principal de ce recensement participatif est de mieux comprendre la variété d'oiseaux présents dans nos jardins. "En rassemblant les observations de milliers de citoyens, nous pouvons établir une carte des populations sur tout le territoire français. En 2018, près de 10 000 contributeurs ont révélé un afflux notable de certaines espèces, comme les gros-becs casse-noyaux et les mésanges noires," indique-t-elle.
Cette année, les données récoltées décèleront s'il y a une véritable baisse dans les populations, phénomène déjà perceptible cet automne. Divers facteurs peuvent expliquer cette situation : le déclin de certaines espèces mais aussi les conditions météorologiques des régions du Nord de l'Europe, d'où proviennent de nombreux oiseaux d'hiver. Si le froid ne les pousse pas à migrer vers le sud, ces oiseaux pourraient se faire encore plus rares dans nos jardins. Le comptage se révèle donc indispensable pour comprendre les mutations de nos écosystèmes.
Les espèces d'oiseaux en danger de disparition
Il est alarmant de constater que certaines espèces, comme le chardonneret élégant, sont désormais classées comme "vulnérables". Cette situation résulte principalement des pratiques agricoles intensifiées qui perturbent leur habitat. En outre, le moineau friquet, cousin du moineau domestique, est lui aussi en danger critique avec une diminution de 70 % de ses effectifs depuis les années 90, en raison de la modernisation des habitats qui ne tenait pas compte de la biodiversité.
Parmi les autres espèces menacées figurent le verdier d'Europe, le bouvreuil pivoine et le bruant jaune, tous éprouvés par la raréfaction des ressources alimentaires et des lieux de nidification. Fort heureusement, certaines populations, telles que celle du merle noir, se montrent adaptables et voient leur nombre stable, tout comme les mésanges bleues et charbonnières.
Agir pour les oiseaux : des gestes simples au quotidien
Pour préserver ces espèces, plusieurs actions peuvent être mises en œuvre dans nos jardins. Marjorie recommande d'installer des nichoirs, que vous pouvez confectionner simplement avec du bois naturel. Certes, il n'est pas nécessaire d'opter pour un design sophistiqué : fonctionnel est le meilleur critère.
De plus, l'installation de mangeoires d'octobre à mars peut substantiellement aider en phase de disette hivernale. Privilégiez les graines de tournesol pures pour garantir leur apport nutritif. Ajouter quelques fruits au sol, comme des pommes et poires, peut également attirer les merles et les grives.
Pour créer un environnement propice, évitez les insecticides et intégrez divers zones de refuge, même dans un jardin modeste. Ces espaces variés offrent autant d’abris pour les oiseaux que de nourriture pour les insectes. Si vous vivez en appartement, envisagez un mangeoire suspendue ou une jardinière de plantes aromatiques pour nourrir les insectes, et par conséquent, les oiseaux. Enfin, n'oubliez pas d’offrir de l’eau, même en hiver : ils en ont besoin pour boire et se laver!
*Marjorie Poitevin, chargée d’étude à la LPO







