Depuis plusieurs semaines, à l’école de Puisieux, située entre Arras et Bapaume dans le Pas-de-Calais, des parents d'élèves d'une classe de CE1-CE2 ont pris la difficile décision de modifier leurs horaires. Ils déposent leurs enfants à 11 h le lundi et le jeudi, une fois que leur camarade de 8 ans, atteint de troubles autistiques, a quitté l’établissement.
Cet ajustement, bien que radical, a été motivé par une série d'incidents violents impliquant cet élève depuis son intégration en septembre 2025. De nombreux parents rapportent des répercussions inquiétantes sur le bien-être et la sécurité de leurs enfants, certains allant jusqu'à rester à la maison pour éviter des confrontations.
Parmi les parents, Dimitri a porté plainte pour coups et blessures après que son fils ait été agressé au sol par le jeune garçon. "Nous souhaiterions que cet enfant soit scolarisé dans un environnement adapté à ses besoins", déclare-t-il. D’autres parents évoquent également les traumatismes vécus par leurs enfants. Jessy, père de deux petites filles, raconte qu’elles ont reçu des menaces de mort écrites de la part du petit. Une mère témoigne que la maîtresse a dû demander aux élèves de se cacher sous les tables lors d'une crise du jeune garçon. De plus, les pompiers et les gendarmes sont intervenus un jour après que l'enfant se soit enfermé dans une classe.
L'élève a été exclu à plusieurs reprises avant que des aménagements soient mis en place, jugés par certains parents comme inhumains.
L'enfant installé à l'écart dans un couloir
Les parents ont récemment contacté le rectorat, soulignant qu'ils ne souhaitent pas blâmer ni l’enfant ni sa famille, mais dénoncent une inadaptation de l’établissement face à cette situation. Suite à une réunion, la décision a été prise d’isoler le jeune garçon derrière un paravent, dans un couloir, une mesure qui a provoqué une vive réaction. "C'est choquant !", s’indigne Chloé, mère d'un élève agressé.
Le rectorat de Lille a réagi en indiquant que l’enfant bénéficie d’un accompagnement médico-éducatif adéquat, encadré par un AESH (Accompagnant d'Élève en Situation de Handicap) et une éducatrice. Un bilan de situation ainsi qu’une rencontre avec la mère de l’enfant sont prévus pour garantir un suivi approprié. Le maire de Puisieux, un village comptant environ 700 habitants, avoue être embarrassé par cette situation complexe, qui demeure difficile à gérer pour tous les acteurs concernés.







