Près de trois mois après la manifestation du 9 janvier, la ville de Beauvais a engagé des actions pour retirer les pneus laissés par les agriculteurs en colère sur un rond-point de l’autoroute. La question qui se pose désormais est : qui va assumer le coût de cette opération ?
Le 9 janvier, à la veille de la signature du traité du Mercosur, des tracteurs en provenance de tout l’ouest de l’Oise avaient convergé vers Beauvais. Sur place, les agriculteurs avaient monté un abri de fortune et déposé des centaines de pneus sur le giratoire de l’A16, à la sortie vers Beauvais Nord.
Bien qu’ils soient prêts à « tenir un siège », les agriculteurs ont rapidement quitté les lieux, laissant les pneus derrière eux. Face aux nombreuses demandes de ses concitoyens via les réseaux sociaux, Franck Pia, le maire UDI de Beauvais, a décidé de passer à l’action. Les travaux de déblaiement ont commencé dans la nuit de mardi à mercredi pour éviter de gêner la circulation, et devraient se terminer ce mercredi soir.
« Cette situation ne pouvait plus durer »
Dans un message posté sur Facebook, Franck Pia a exprimé la nécessité d'agir face à la situation, déclarant : « Il était important de retirer ces pneus à l'entrée de la ville. » Il a également mentionné qu’une facture serait envoyée pour couvrir les coûts engendrés par cette opération, estimée entre 15 000 et 20 000 euros, selon la mobilisation des agents de la ville.
Les pneus seront temporairement stockés par les services techniques en attendant d'obtenir des précisions sur leur sort. La ville envisage d’envoyer la facture aux responsables une fois leurs responsabilités établies.
Une réunion le 3 mars en préfecture pour établir les responsabilités
Cependant, la situation demeure complexe, car le giratoire en question n'est pas directement sous la juridiction de la ville de Beauvais. Un représentant de la ville a indiqué que la propriété du site semble être partagée entre l’État, le département et potentiellement la Sanef, qui gère l’A16. Une réunion prévue le 3 mars en préfecture devrait clarifier ces responsabilités.
Du côté des agriculteurs, Luc Smessaert, leader syndical de la FNSEA et agriculteur à Roy-Boissy, souligne que l'engagement de retirer les pneus existe bel et bien. « Nous avions prévu d'organiser cela avec une entreprise spécialisée pour le recyclage des pneus, » a-t-il précisé. Concernant le remboursement à la ville, Smessaert n’a pas caché son agacement : « Nous n’avons rien obtenu, et ce n’est pas le moment de réactiver les tensions. Travaillons ensemble pour apaiser la situation. »







