À Périgny, un chantier de renaturation a opéré une transformation spectaculaire. En l’espace de deux semaines, un simple fossé s’est métamorphosé en un cours d’eau sinueux, et les riverains sont en émoi. Une telle évolution, qui redonne vie à un espace naturel longtemps oublié, suscite curiosité et espoir.
Isabelle, une habitante voisine, exprime sa surprise face à cette transformation : "C'était juste un fossé auparavant, maintenant, la nature reprend ses droits. Je ne m'attendais pas à une telle initiative, mais c'est formidable, car nous avons un réel besoin de restaurer notre environnement," confie-t-elle.
Le cours d’eau du Vivier, qui n’était visible qu’en période de fortes pluies, a été entièrement restructuré pour devenir plus sinueux. Mickaël Guedon, gestionnaire des milieux aquatiques de l'agglomération de La Rochelle, explique : "Avant, c'était très rectiligne, et maintenant, avec les méandres, nous avons un cours d'eau qui ralentit le débit. Rallonger le ruisseau à 250 mètres contre 180 mètres auparavant contribue à un écoulement plus naturel, crucial pour recevoir les eaux pluviales,” explique-t-il.
Ces méandres permettent de retenir l'eau plus longtemps, une nécessité face à des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Bruno Nenert, chef d’agence chez Terélian, ajoute : "Des pluies plus concentrées portent la nature à s’adapter. Ce type de renaturation est impératif pour que l’écosystème puisse absorber efficacement ces précipitations.”
Alors que Périgny n’est pas particulièrement en danger d'inondations, l’augmentation des tempêtes et des pluies violentes souligne l’importance d’anticiper ces événements. Les travaux au cours d’eau Le Vivier ne sont qu’une première étape. D’autres projets sont prévus, incluant des cours d’eau tels que L'Otus ou la Moulinette, pour renforcer le maillage écologique du territoire et développer une stratégie de résilience face aux défis climatiques.
Ce projet représente un engagement financier significatif, entre 6 et 10 millions d’euros, rendu possible grâce à l’Agence de l’eau et à diverses collectivités. Ces investissements sont jugés vitaux pour la durabilité de la ressource en eau et pour revitaliser les écosystèmes locaux, comme l’ont observé des spécialistes et défenseurs de l’environnement.
Après une première expérience positive au marais de Tasdon, où la faune et la flore ont rapidement recolonisé le site, les autorités locales sont déterminées à multiplier ces initiatives. Guillaume Krabal, vice-président de La Rochelle Agglomération, souligne l’importance de ce type de démarche : "Ces petites transformations sont essentielles pour reconnecter notre territoire avec ses ressources naturelles, là où elles ont été négligées par le passé."







