Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, se rendra ce vendredi 9 janvier au collège Rosa Parks d'Amiens pour présenter son nouveau dispositif d'accompagnement renforcé. Environ 800 collèges à travers la France, dont 29 en Picardie, sont concernés par cette initiative visant à aider les établissements où plus de 40 % des élèves rencontrent des difficultés scolaires.
À ce stade, le ministère annonce une phase de diagnostic pour évaluer les besoins spécifiques de chaque établissement. Par la suite, une équipe académique pluridisciplinaire sera mise en place dans les rectorats, avec l'intention d'offrir un soutien adapté. Cependant, cette initiative fait face à un scepticisme croissant de la part des syndicats enseignants. Marine Feron, représentante de SUD Éducation, s'interroge : “Où sont les moyens ?”
Les préoccupations entourant ce dispositif sont nombreuses. Selon Marine Feron, les classes sont déjà surchargées, et il manque des surveillants, des Auxiliaires de vie scolaire et des personnels médico-sociaux. Le risque est que la mise en œuvre de ce dispositif se traduise par un simple redéploiement de moyens existants, plutôt que par un véritable renforcement des ressources. “Au lieu d'augmenter le budget et de réduire le nombre d'élèves par classe – ce qui a prouvé son efficacité dans la réussite scolaire – nous assistons à une suppression de postes, avec 4 000 pertes cette année”, s'inquiète-t-elle.
Les syndicats critiquent également l'absence de révision de la carte de l'éducation prioritaire (REP et REP+) depuis 2014, alors que certains établissements ne bénéficient pas des ressources nécessaires malgré leurs besoins croissants. “C'est ironique de vouloir renforcer l'accompagnement tout en privant les établissements qui en ont besoin des moyens pour le faire”, déplore Manuela De Oliveira, enseignante et co-secrétaire académique du SNES-FSU d'Amiens.
Les enseignants expriment également le désir d'être davantage consultés lors de l'élaboration de ces politiques. “Les projets doivent venir de la base, mais il semble que la voix des enseignants soit négligée dans ce processus”, conclut Marine Feron.
Au total, 29 collèges seront intégrés dans ce dispositif d'accompagnement renforcé en Picardie : 10 dans la Somme, 10 dans l'Aisne et 9 dans l'Oise. Face à ces défis, l'avenir de l'éducation dans la région reste incertain.







