Saisi par l'Observatoire international des prisons (OIP), le tribunal administratif de Lille a ordonné, ce vendredi, à l’Etat de mener en urgence des travaux au sein de la maison d'arrêt de Béthune, située dans le Pas-de-Calais.
Le juge des référés a enjoint le ministère de la Justice d'effectuer des opérations pour établir une "séparation effective" entre les sanitaires, actuellement non cloisonnés, et le reste des cellules. De plus, des travaux de nettoyage pour éliminer "la moisissure sur les murs et plafonds" ainsi que l'ajout de "mobilier de rangement" sont nécessaires, sans oublier la réparation des fuites d'eau. Le tribunal a fixé un délai strict de dix jours pour que ces demandes soient satisfaites.
Une situation alarmante de surpopulation carcérale
Parmi les nombreuses requêtes formulées par l’OIP, une douzaine ont été acceptées. Cependant, certaines demandes, telles que celles liées à la présence de punaises de lit, ont été refusées, le juge estimant que des mesures suffisantes avaient déjà été mises en place par l'administration pénitentiaire.
Lors de l’audience, lundi, Me Julien Bocquet, avocat de l’OIP, a souligné que l'espace personnel de chaque détenu ne dépasse pas "trois mètres carrés". "La maison d'arrêt de Béthune a été négligée par le ministère de la Justice", a déclaré Me Nicolas Vanden Bossche, avocat au Conseil national des barreaux et de l’Ordre des avocats du barreau de Béthune, qui a soutenu la requête de l'OIP, aux côtés d'autres organisations d'avocats.
La maison d'arrêt, vétuste et surpeuplée, abrite des hommes en attente de jugement ou purgant de courtes peines. Bien que sa capacité théorique soit de 177 places, le taux d’occupation atteint régulièrement plus de 200 %.
D'après les chiffres fraîchement divulgués par le ministère de la Justice, au 1er mars, le taux d'occupation moyen des prisons françaises se situait à 137,5 %, tandis que dans les maisons d'arrêt, il grimpait à 168,4 %. Pour dénoncer cette surpopulation carcérale et ses conséquences sur les conditions de travail des agents pénitentiaires, le syndicat Ufap-Unsa Justice a annoncé une journée nationale de blocage dans les prisons, prévue pour lundi prochain.







