Ce dimanche, le club de football de l'Olympique de Marseille a incité ses supporters à se déplacer aux urnes. Un appel qui n'a pas trouvé écho chez tous les fans, croisés en amont du match contre Lille, au stade Vélodrome.
Dans un message diffusé sur leur compte officiel X, l'OM a encouragé ses presque 4 millions de supporters : « aujourd'hui, deux temps forts : les élections municipales et le match contre Lille. Avant de soutenir l'OM, accomplissons notre devoir citoyen ». Cette exhortation est d'autant plus significative dans un contexte où l'abstention avait atteint 48 % lors du précédent scrutin à Marseille, dépassant la moyenne nationale, avec des taux alarmants de 70 à 80 % dans certains quartiers populaires (source : Le Parisien).
Pour évaluer l'impact de cet appel, nous avons recueilli les réactions des fans, alors que le match débutait à 17h15, sous une pluie battante. Malheureusement, le message n'a pas été compris par tous.
Fabio, un étudiant de 18 ans, originaires de Salon-de-Provence, et son cousin Lenny, 22 ans, ont ainsi renoncé à voter. « On s'est réveillés trop tard, et après on est partis pour le Vélodrome. Faut pas faire d'élection un jour de match », confie Fabio, arborant une écharpe aux couleurs de l'OM. Lenny acquiesce, ajoutant qu'il y a des priorités. « Heureusement que ce n'est pas la présidentielle », plaisante-t-il.
match nul ici pour la participation
Julien, un cuisinier de 32 ans, et son ami Romain de 24 ans, venus d'Avignon, n'ont pas non plus voté. « On est partis ce matin, pas eu le temps. Et puis, les municipales, on n'y comprend pas grand-chose », regrettent-ils, promettant d'agir lors des prochaines présidentielles. « On préfère parler de l'OM », insiste Julien, se concentrant sur la fin de saison et la qualification pour la Ligue des champions.
D'autres, comme Jérémy et Pascal, insistent sur l'importance de voter, mais parmi leurs amis, les abstentionnistes sont légion. « Tout le monde parle de foot » ajoute Jérémy.
Quant à Euxanne, étudiant de 19 ans, il se montre conscient de l'importance politique, mais avoue avoir laissé passer l'élection à cause du match. « Marseille, c'est une ville multiculturelle, et dans les tribunes, c'est l'union », précise-t-il.
dans les tribunes, le sujet politique reste en retrait
Nicolas, 30 ans et originaire de Saint-Malo, évacue sa responsabilité : « Je n'ai jamais voté de ma vie. Ça ne m'intéresse pas du tout. » Guillaume, fervent supporter de l'OM, partage ce sentiment : « Je ne vote pas pour des gens qui se moquent de nous ».
Jean-Philippe et sa femme Mélanie, venus de l'Hérault, n'ont pas manqué de voter : « C'est notre devoir, un exemple pour nos enfants », souligne Mélanie.
Raphaël, 50 ans, a donné procuration pour pouvoir soutenir son équipe tout en remplissant son devoir civique. « Si on veut du changement, il faut voter. Ça nous donne le droit de râler jusqu'aux prochaines élections », estime-t-il.
Alexandre, éducateur sportif, constate avec inquiétude le faible nombre de jeunes lors du vote. « Entre amis, on ne parle jamais politique, sauf de celle du président de notre club. Et comme pour la politique en France, c’est un peu le bazar ! » conclut-il, amusé.







