Un tract de campagne, récemment distribué dans le centre de Senlis par l'ancien maire Jean-Christophe Canter (DVD), a déclenché une réaction vive du préfet de l’Oise, Jean-Marie Caillaud. Ce dernier a saisi le procureur de la République suite à des allégations jugées lourdes de conséquences.
Dans ce document, Canter insinue que des membres de la Gendarmerie nationale ainsi qu'une magistrate auraient conspiré pour orchestrer son départ de la mairie en 2011. Le préfet, dans son communiqué, dénonce ces insinuations qui mettent en cause l’intégrité des forces de l’ordre et de la justice.
« Un candidat aux élections municipales a diffusé un tract remettant en question l’engagement des institutions judiciaires et de la Gendarmerie », précise le communiqué. Bien que le préfet n’ait pas nommé Canter, son identité est rapidement apparue dans les commentaires publics.
Loïc Abrial, procureur à Senlis, a confirmé la réception du signalement, promettant une analyse approfondie pour déterminer d'éventuelles suites judiciaires. La situation souligne la tension croissante dans la campagne municipale de Senlis où Canter, ancien maire de 2008 à 2011, revient sur le devant de la scène.
Le préfet est peut-être allé un peu trop loin
Dans son tract intitulé « Lettre aux Senlisiens, pour en finir avec les mensonges et la diffamation », Canter évoque ses démêlés judiciaires passés, liés notamment à des accusations de favoritisme dans l’attribution des marchés publics. En 2016, il a été condamné à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité, une décision qui a depuis suscité de nombreuses réactions.
« Cette enquête a été pilotée par des membres de la gendarmerie ayant des liens avec des figures locales », a déclaré Canter dans son texte, citant des détails que le préfet a jugés inacceptables. Étienne Lacroix, politologue à l’Université de Compiègne, souligne que de telles allégations peuvent affaiblir la confiance en la justice. « Cette situation pourrait affecter plus largement les perceptions des élus envers les institutions », commente-t-il.
Malgré l’action du préfet, Canter maintient une posture confiante. « Je ne sais pas si le communiqué m’est destiné, mais mes avocats ne sont pas inquiets », a-t-il exprimé avant une réunion publique. Il a également critiqué l’interférence du préfet dans une campagne électorale, rappelant la période de réserve imposée aux autorités.
Alors que les élections municipales approchent, la tension dans la ville de Senlis n’est pas prête de s’apaiser, laissant présager une campagne d’une intensité particulière.







