Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Étienne, se retrouve devant la cour d'appel de Lyon à compter de ce lundi 8 juin 2026. Cette audience intervient six mois après sa condamnation à cinq ans de prison, dont quatre fermes, pour chantage à la vidéo intime impliquant son ancien adjoint. Ce dernier se déclare toujours « innocent ».
Ses accusations comprennent également association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. Lors de son procès initial, il avait été condamné avec exécution provisoire, le conduisant à purger deux mois de détention cet hiver. Pierre Gauttieri, son ancien directeur de cabinet, condamné à deux ans de prison ferme, n’a pas fait appel. Perdriau sera de nouveau jugé avec deux co-accusés, Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, qui avaient orchestré le piège.
Une vidéo intime comme moyen de pression
Les événements remontent à 2015, lorsque les deux co-accusés ont piégé Gilles Artigues, l'ancien premier adjoint, en le filmant dans des circonstances compromettantes. Cette vidéo a été utilisée pendant des années pour influencer ses actions au conseil municipal, alors qu’Artigues, soupçonné de vouloir s’éloigner de Perdriau, était un ancien allié essentiel. Selon des révélations de Mediapart, Perdriau aurait été le commanditaire du film.
Le tribunal correctionnel de Lyon a jugé que de telles actions sont d'une « extrême gravité » pour des élus, les qualifiant de « mépris de leurs devoirs de dignité ». À la suite du premier jugement, Perdriau a été contraint de quitter son poste à la mairie.
Une innocence difficile à prouver ?
À 53 ans, l’ancien maire soutient qu’il est victime d’une « erreur judiciaire » et de l’inexactitude des décisions prises en première instance, selon les dires de son avocat, Me Jean-Félix Luciani. « Il attend la vérité, une vérité qui ne correspond pas au jugement initial », a-t-il déclaré à l'AFP.
Bien qu’il ait reconnu avoir été au courant de l’existence de la vidéo depuis 2015, il insiste sur le fait qu’il ne l’a jamais vue et qu’il s’est toujours « désintéressé » de cette affaire, supposant qu’il s’agissait de « jeux » entre « adultes consentants ». Cependant, des enregistrements réalisés à son insu révèlent des propos qui pourraient contredire sa version des faits, dans lesquels il fait allusion à une vidéo « où l’on voit ce qu’il y a à voir » et évoque des conséquences graves sur les réseaux sociaux.







