New York (AFP) – Anthropic a émis, ce lundi, des accusations graves contre l'entreprise chinoise DeepSeek, l'accusant d’avoir orchestré une campagne ambitieuse pour exploiter son assistant d’intelligence artificielle, Claude. Cette déclaration a suivi de près des allégations similaires avancées par OpenAI, un autre géant du secteur.
Dans un communiqué publié sur son site, Anthropic a détaillé que, avec DeepSeek, deux autres jeunes pousses chinoises, Moonshot AI, derrière l'assistant Kimi, et MiniMax, à l'origine de Talkie, étaient également impliquées dans cette affaire.
DeepSeek a suscité des inquiétudes dans le domaine de l'IA depuis janvier 2025, date à laquelle sa version V3 a été lancée, séduisant le public par des performances jugées comparables à celles des modèles américains, tout en affichant des coûts de développement bien inférieurs.
Les accusations d'Anthropic soulignent que ces entreprises auraient créé environ 24 000 comptes pour interagir avec Claude, générant ainsi plus de 16 millions d'échanges. Il s'agirait d'une méthodologie appelée "distillation", qui vise à concevoir un modèle moins sophistiqué en s'appuyant sur les réponses d'un modèle de plus haute capacité.
Bien que la distillation ne soit pas illégale, Anthropic rappelle que des acteurs de l'IA l'exploitent pour élaborer des versions allégées de leurs solutions. Cependant, des abus sont possibles. Ces firmes peuvent ajuster et modifier les règles et restrictions appliquées par le modèle d'origine, ce qui pourrait encourager des usages à risque.
Selon les observations d'Anthropic, DeepSeek aurait explicitement demandé à Claude de dévoiler les étapes précises de préparation de ses réponses, fournissant ainsi des indices cruciaux pour le développement de leur propre IA. Des membres de l’équipe de DeepSeek auraient également tenté de comprendre la manière dont Claude abordait des thèmes sensibles, notamment en lien avec la dissidence et l'autoritarisme.
Anthropic suggère que ces manœuvres pourraient viser à conditionner les produits de DeepSeek pour qu’ils dévient les discussions sur des sujets soumis à la censure. Ces accusations interviennent à peine quelques jours après qu'OpenAI ait informé le Congrès des États-Unis sur des méthodes similaires illustrant un potentiel vol de technologie.
Cette controverse arrive à un moment crucial, alors que le secteur de la technologie attend impatiemment le lancement du nouveau modèle V4 de DeepSeek.
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