L'Assemblée nationale a ouvert mercredi les discussions sur l'éventuelle création d'un droit à l'aide à mourir, un sujet qui suscite des tensions entre partisans et adversaires. Ce dialogue s'inscrit dans le cadre d'une deuxième proposition de loi portée par Olivier Falorni, qui vise à instaurer un droit à l'aide à mourir sous certaines conditions.
Cette aide pourrait consister à permettre au patient d'administrer lui-même une substance létale ou, si son état physique ne le permet pas, de bénéficier de l'assistance d'un médecin ou d'un infirmier. Les discussions ont d'abord porté sur des questions sémantiques, oscillant entre les termes « aide à mourir », « suicide assisté » et « euthanasie ». M. Falorni a rejeté ce dernier terme, qu'il associe à des pratiques historiques atroces, notamment celles du régime nazi.
« Le lien que certains font entre euthanasie et nazisme devrait nous alerter et nous inciter à rejeter ce texte », a déclaré Stéphane Rambaud du Rassemblement national. En réponse, M. Falorni a évoqué les attaques personnelles qu'il reçoit régulièrement sur les réseaux sociaux, affirmant que l'« aide à mourir » doit être clairement définie comme une demande émanant uniquement du patient.
« Je ne suis pas certain de solliciter cette aide en fin de vie, mais je désire avoir le choix », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de donner la possibilité aux malades de décider de leur propre sort. Cependant, des craintes subsistent, notamment celle de voir des patients vulnérables réclamer cette aide par crainte de devenir un fardeau pour leurs proches ou la société. Stéphane Peu, président du groupe communiste, a exprimé ces inquiétudes.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a rétorqué qu'une décision médicale serait indispensable pour déterminer l'éligibilité du patient, garantissant qu'aucun malade ne serait considéré comme un poids. Jeudi, les députés voteront sur la proposition établissant ce droit, mais aussi sur les cinq conditions nécessaires pour y accéder, qui concernent l'âge, la gravité de la pathologie, ainsi que la volonté du patient, jugée « libre et éclairée ».
Les travaux se poursuivent également sur une première proposition de loi visant à garantir un accès équitable aux soins palliatifs, des sujets d'importance pour de nombreux Français. Un vote solennel sur ces deux textes est prévu mardi, sous réserve que les amendements relatifs à l'aide à mourir soient examinés en temps voulu (il reste 1.747 amendements à ce jour). Un nouvel examen de ces propositions aura lieu au Sénat du 1er au 3 avril.







