Quatre jeunes hommes, soupçonnés d'avoir participé à la tentative d'assassinat de l'opposant algérien Hichem Aboud en février 2025 à Roubaix, ont été mis en examen ce week-end, selon une source judiciaire citée par BFMTV. Deux d'entre eux sont accusés d'"association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "tentative de meurtre en groupe organisé en lien avec une action terroriste", tandis qu'un troisième est arrêté pour "complicité de tentative de meurtre en bande organisée". Un quatrième a également reçu des accusations similaires.
Cette arrestation s'inscrit dans le cadre d'une information judiciaire lancée en mars 2026. Mercredi dernier, cinq personnes ont été placées en garde à vue dans les locaux de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), sur ordre d'un juge d'instruction antiterroriste à Paris.
Un ancien agent des services secrets en danger
Hichem Aboud, anciennement engagé dans les services de renseignement algériens et journaliste critique du régime, vit en France depuis les années 1990. Après une courte période passée en Algérie en 2011, où il a tenté de lancer deux journaux, il est retourné en France face à des menaces judiciaires. Son avocat, Dalil Essakali, a exprimé son indignation, affirmant que son client a pris connaissance de la tentative d'assassinat via les médias.
Aboud a dénoncé d'autres attaques ayant eu lieu à Liège et à Paris, ainsi qu'une tentative d'enlèvement à Barcelone en 2024. Il y voit une continuité inquiétante dans les tentatives pour le réduire au silence. "Il faut m'éliminer pour me faire taire", a-t-il affirmé dans une interview à l'AFP.
Des procédures judiciaires piétinées
Son avocat ajoute que l'ouverture de cette enquête antiterroriste lancé par la justice française marque une avancée dans la reconnaissance des risques encourus par Aboud. Auparavant, plusieurs plaintes avaient été soigneusement classées sans suite, alimentant la frustration du plaignant.
Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée par Aboud en février 2025, ce qui a permis de redynamiser les investigations sur d'autres incidents ayant eu lieu à Liège et Paris. L'enquête continue et les réactions affluent sur cette affaire qui souligne les tensions politiques persistantes entre l'Algérie et ses dissidents à l'étranger.







