Quatre jeunes hommes, âgés entre 19 et 22 ans, ont été présentés devant la justice et placés en détention à Paris, soupçonnés d'être impliqués dans une tentative d'assassinat visant l'opposant algérien Hichem Aboud en 2025 à Roubaix. Une enquête a été ouverte en mars 2026 par le parquet national antiterroriste suite à des informations alarmantes concernant un projet bien ficelé, selon des sources judiciaires.
Hichem Aboud, ancien militaire et journaliste reconnu pour ses critiques du régime algérien, réside en France depuis les années 90 avec un titre de séjour. Son livre, "La mafia des généraux", publié en 2002, a été interdit en Algérie, ce qui témoigne de son statut d'opposant. L’enquête a révélé que trois des suspects avaient été mis en examen pour tentative de meurtre en relation avec une entreprise terroriste, tandis que le quatrième faisait face à des accusations de complicité.
Selon **Dalil Essakali**, avocat d'Hichem Aboud, son client a pris connaissance de cette tentative d'assassinat uniquement par le biais de l'AFP, bien qu'il n'en soit pas surpris. L’avocat dénonce plusieurs tentatives d’assassinat précédentes, ayant eu lieu à Liège et à Paris, ainsi qu'une tentative d'enlèvement à Barcelone. Aboud a déclaré : "Après l'opération ratée de Barcelone, cette tentative s'inscrit dans une logique de persécution. Il est clair qu'ils souhaitent m'éliminer pour me faire taire." Il estime que l'ouverture de cette enquête antiterroriste par la justice française est enfin une reconnaissance de la gravité de la situation.
Un “contrat” sur la tête d’Hichem Aboud
Les enquêteurs, dans le cadre d'une enquête annexe sur un braquage près de Lyon, ont identifié des communications sur l'application Signal concernant un “contrat” visant Hichem Aboud. Ils ont ainsi mis au jour un réseau préparant son assassinat, avec une offre de 10 000 euros pour la personne ayant précédemment été désignée pour tirer. En février 2025, l'équipe s'est rendue à Roubaix avec pour instruction de le tuer, mais la cible était absente, empêchant la réalisation du plan.
Les débats devant la justice concernant le placement en détention provisoire des suspects se sont déroulés à huis clos, un procureur évoquant des mensonges et entraves dans l'enquête. Un des jeunes suspects, au look confiant, est apparu calme lors de l'audience, tandis que le reste de ses avocats a décliné de commenter.
Contexte diplomatique sensible
Cette affaire soulève des préoccupations diplomatiques, venant en écho à la récente visite du ministre de la Justice français **Gérald Darmanin** à Alger, lors de laquelle il évoquait un apaisement des relations judiciaires entre la France et l'Algérie. La tension persistante est exacerbée par des affaires sensibles liées à d'autres opposants, tel que le blogueur Amir Boukhors, dont le mandat d'arrêt attire l'attention sur la coopération judiciaire entre les deux pays.
En conclusion, l'avocat d'Hichem Aboud, faisant référence à un agent consulaire algérien parmi les mis en examen, voit ce développement comme un tournant crucial dans la manière dont la justice française traite ces cas d'agressions contre des Algériens sur son sol. Aboud lui-même n'exclut aucune hypothèse concernant les commanditaires potentiels de ce contrat sur sa tête.







