Autrefois connue comme le "grenier du monde", l'Argentine tente de redéfinir son image en devenant un acteur majeur du secteur minier. Actuellement, le pays est l'un des principaux producteurs agricoles, se classant parmi les plus grands exportateurs mondiaux de soja, de maïs et de blé. En matière de viande, le boeuf argentin est prisé pour sa qualité, avec des pièces telles que le "bife de chorizo" qui suscitent des éloges partout.
À 3 500 mètres d’altitude, à l'écoute des glaciers andins, Aldana Ramirez, technicienne minière de 27 ans, témoigne de l'audace du pays en matière de minage du cuivre. Ce projet d'envergure, connu sous le nom de Los Azules, a attiré près de 3 milliards de dollars d'investissement, en partenariat avec des géants comme McEwen Copper et Rio Tinto. Les projections évoquent une production de 148 000 tonnes de cuivre par an à partir de 2030.
"Mais le sacrifice en vaut la peine (...) ce travail, moi, je l'adore!" confie Aldana, souriant malgré les rigueurs du climat andin.
Javier Milei, président récemment installé, a promis une "révolution minière", projetant des emplois par milliers dans la cordillère. Ce bond vers la rentabilité s'accompagne d'un régime incitatif, le RIGI, qui vise à attirer des investissements étrangers avec de nombreux avantages.
Une transformation significative en cours
Depuis 2025, le secteur minier a connu une croissance de 27 %, avec des exportations atteignant 6 milliards de dollars, principalement portées par l’or et le lithium. Les analistes, comme Nicolas Gadano, soulignent que "la matrice exportatrice de l'Argentine évolue avec le boom minier, remédiant ainsi à un manque chronique de dollars".
"La moitié des exportations minières pourraient provenir du cuivre, élément crucial pour diverses industries, allant de la construction à la technologie."
Cependant, cette transition pose des questions environnementales. Les projets miniers peuvent impacter des zones sensibles, alors que la gestion des ressources hydriques reste cruciale, comme l'a souligné Alejandro, un habitant local : "Les gens doivent choisir : 'soit je protège l'eau, soit je mange'".
Les inquiétudes autour de la durabilité des projets, exacerbées par des incidents de pollution passée, rappellent l'importance d'un contrôle rigoureux de l'État. Ainsi, malgré l'enthousiasme pour les opportunités économiques, le duel entre développement et préservation continue d'agiter les esprits en Argentine.







